1. mai 2026

Contribution de l'Alliance des Démocrates du Sahel

À l'occasion de la conférence internationale sur le Sahel - Lomé, 18 avril 2026

Contribution de l'Alliance des Démocrates du Sahel
À l'occasion de la conférence internationale sur le Sahel - Lomé, 18 avril 2026

On peut défendre la démocratie avec intransigeance, même dans les conditions les plus défavorables, sans verser dans la posture ni dans la vengeance. Il y a mille raisons de s'indigner de ce que le Sahel est devenu, les présidents séquestrés, les peuples gouvernés par décret, les opposants disparus dans la nuit des geôles militaires. Mais agir comme si l'histoire de ce continent n'avait rien appris, comme si la force suffisait à fonder la légitimité, c'est se condamner à rejouer indéfiniment la même tragédie, avec les mêmes victimes et les mêmes bourreaux en uniformes différents.

Pour échapper à cette malédiction, l'Alliance des Démocrates du Sahel a fait le choix du temps long et de la résistance adossée à des valeurs de justice, de droit et de dignité humaine. Elle s'est inspirée de ceux qui, avant elle, ont eu la force d'être justes dans l'injustice, de dénoncer les mensonges et les crimes qui déshonoraient leur propre pays, au risque d'être traités de traîtres. Notre voie : lutter sans se mentir, s'engager les yeux ouverts, tenir l'éthique chevillée au corps même quand l'adversaire s'en dispense. Au Sahel d'aujourd'hui, cette voie-là relève encore de l'exception. C'est précisément pourquoi elle s'impose.

Les chiffres disent ce que les juntes s'emploient à taire. En 2025, l'OCHA a recensé 3 737 incidents sécuritaires ayant causé 9 362 morts dans le seul Sahel central. Au Niger, depuis le renversement du gouvernement démocratique du Président Bazoum, les morts liées aux violences jihadistes sont multipliés par dix. Au Burkina Faso, les forces armées ne contrôlent plus librement qu'environ 30 % du territoire national, pendant que 130 villes et villages vivent sous blocus de groupes armés. Au Mali la junte contrainte par un blocus du JNIM, négocie l'acces à ses propres routes; quel aveu d'impuissance ! Ces régimes ont pris le pouvoir au nom de la sécurité des peuples. Quel est le résultat aujourd'hui?

Afin de briser ce cycle, l'ADS a bâti un pont entre la résistance démocratique et les instruments que le droit international met à la disposition de ceux qui refusent la capitulation. Elle s'est tournée vers les institutions, les juridictions, les enceintes diplomatiques, non par naïveté sur leurs compromis, mais parce que ce sont les seuls leviers qui produisent un changement irréversible. Les régimes d'exception passent. Les normes qu'une société s'est données pour se gouverner elle-même demeurent, pourvu que quelqu'un les ait défendues pendant que d'autres se taisaient.

L’Union européenne, les pays, les organisations internationales et régionales présentes à Lomé disposent de ce levier. Elles ont trop souvent choisi de ne pas l'actionner pleinement, au nom d'un pragmatisme qui, chaque fois, a produit davantage d'instabilité que celui qu'il prétendait conjurer. Traiter avec des putschistes sans exiger de calendrier de transition, sans conditionner les partenariats à la libération des prisonniers politiques, sans garantir la restauration de l'espace civique, c'est hypothéquer l'avenir du Sahel pour la commodité du présent. Ce pari-là, l'histoire sahélienne en a déjà mesuré le coût.

Ce que les participants à Lomé décideront, ou refuseront de décider, sera lu au Sahel comme une réponse. Aux peuples. Ceux qui comptent leurs morts, nourrissent leurs déplacés et regardent leurs enfants grandir dans des zones ou il n'existe plus aucune école, aucun centre de santé et que personne ne sécurise vraiment.

La solution n'a jamais été aussi claire. Elle tient en une ligne, que l'Alliance des Démocrates du Sahel soumet à la conscience et à la responsabilité de chaque délégué présent dans cette salle ; qu'il représente une puissance amie, une institution régionale, internationale ou un régime qui a confisqué le suffrage de son peuple : Le Sahel ne sera stable que lorsqu'il sera libre, et démocratique.

Dr Mayra Djibrine
Présidente de l'Alliance des Démocrates du Sahel (ADS)
www.saheldemocrates.org

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